Analyses de résidus de pesticides dans les vins, les résultats : La HVE encore gourmande en pesticides !

Communiqué de presse du 15 septembre 2020, ici.    Dossier de presse en pdf, ici

1/Qui sommes-nous ?

Alerte aux Toxiques est une association loi 1901 fondée en 2016 qui informe et sensibilise aux dangers liés à l’utilisation de pesticides de synthèse dans la viticulture.  Depuis 2018, nous faisons analyser des vins en résidus de pesticides par un laboratoire agréé pour mettre en lumière la réalité des pratiques du vin cultivé en chimie de synthèse, voir notre liste des châteaux analysés, ici.

L’objectif de cette campagne d’analyses de résidus de pesticides dans les vins est de mesurer les écarts entre le marketing, les annonces, les promesses et la réalité des pratiques professionnelles.

Ces analyses apportent aussi un décryptage aux consommateurs non avertis et mal informés qui pourraient se laisser duper par une certification qui ne fournit aucune garantie, tout comme les grandes annonces, promesses de changements récurrents.

2/ Contexte

Selon les ministères de la Transition écologique et de l’Agriculture, l’année 2013 voit une hausse de l’emploi des pesticides par rapport à 2012. « Sa valeur moyenne triennale 2014-2016 a même augmenté de plus de 12 % par rapport à la moyenne triennale 2009-2011. » Une belle progression qui se consolide dans la même proportion en 2017 avec 12,4 % d’augmentation. Et une augmentation de 21 % en 2018 suivie d’une baisse relative en 2019.

A titre d’exemple : une série d’études scientifiques publiées en 2015 dans le Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism de la Société américaine d’endocrinologie montre que l’exposition des populations européennes à des perturbateurs endocriniens est la cause de nombreuses pathologies qui représentent un coût pour la société estimé entre 150 et 260 milliards d’euros par an (soit entre 1,2 et 2 % du PIB).

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), « la qualité de l’environnement est un des principaux déterminants de l’état de santé des populations. Par exemple, plusieurs études estiment qu’entre 5 et 10 % des cas de cancers seraient dûs aux dégradations de l’environnement ». Les quantités d’agents chimiques cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction (ou substances CMR) vendus en 2018 sont passées de 3 à 5 600 tonnes pour les CMR 1 et de 9 à 11 600 tonnes pour les CMR 2. 

La vigne consomme 20 % des pesticides utilisés en France – un cinquième des pesticides totaux ! – pour 3,7 % de la surface cultivée. L’impact sur la santé et l’environnement de ces produits relève d’une catastrophe sociétale majeure.

Rappelons qu’en France, le vin est l’unique produit de consommation qui n’est pas sous le coup d’une obligation légale d’afficher sa composition sur son étiquette. Il faut également savoir que si le vin, comme tout autre produit agro-alimentaire, se retrouvait dans l’obligation d’indiquer la liste des ingrédients sur la contre-étiquette, beaucoup de bouteilles n’auraient pas la place de tout inscrire… Une cinquantaine de produits sont légalement autorisés à être ajoutés, pour permettre aux vignerons de modifier leur vin. De plus, contrairement à tous les produits destinés à l’alimentation (fruits, légumes, eau…), il n’existe pas d’obligation légale de respecter des limites maximales de résidus de pesticides (LMR) pour le vin en bouteille. En viticulture, la seule LMR qui existe est celle sur le raisin de cuve, c’est-à-dire le raisin vendangé.

3/ Moyens et Méthodes 

Pour réaliser cette campagne d’analyses, un financement participatif de 5000 euros a été lancé fin janvier et atteint fin mai grâce à 155 donateurs. 

Les 22 bouteilles qui ont été analysées ont toutes un point en commun : les propriétés dont elles sont issues possèdent la certification Haute Valeur Environnementale (HVE) ou affirment se référer à une pratique vertueuse.

Les domaines et les bouteilles ont été choisis avec soin et l’objectif est de montrer les écarts entre le marketing, les annonces, les promesses et la réalité des pratiques professionnelles : certains propriétaires sont des représentants d’institutions prestigieuses de la viticulture bordelaise, qui se sont parfois faits remarquer par de grandes annonces et promesses de changements de pratiques voire d’un grand virage écologique.

Les effets d’annonce d’une pratique plus vertueuse comme la certification HVE, « Haute Valeur Environnementale » sont un leurre puisqu’elle n’interdit pas les pesticides de synthèse ; les vignerons sont même autorisés à utiliser les plus dangereux tels que les CMR (cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques), Perturbateurs Endocriniens (PE), Sdhis (antifongiques qui bloquent une étape clé de la respiration des champignons, celle assurée par la succinate déshydrogénase (SDH). Or, les cellules de tous les êtres vivants respirent et sont la cible de ces pesticides alertent des chercheurs et médecins dès 2018. https://www.liberation.fr/debats/2018/04/15/une-revolution-urgente-semble-necessaire-dans-l-usage-des-antifongiques_1643539) et Qosi (petite « soeur » des SDHI qui a une cible voisine et affecte elle aussi, la chaîne mitochondriale des cellules).

En achetant des vins portant ces mentions, le consommateur mais aussi le viticulteur, les riverains, les collectivités sont bernés et participent à une pollution dont les conséquences sont gravissimes. 

4/ Les résultats.

Sur 22 bouteilles analysées :

28 substances actives ont été détectées, voir la liste ici.

De 4 à 15 résidus détectés par bouteille, une moyenne de 8 substances actives par bouteille.

22 bouteilles contiennent des PE, entre 3 à 14 par bouteille, une moyenne de 7.36 PE par bouteille.

16 bouteilles contiennent au moins 1 Qosi.

11 bouteilles contiennent au moins 1 CMR ou plus.

9 bouteilles contiennent au moins 1 Sdhis.

4 bouteilles contiennent au moins un neurotoxique.

4 bouteilles contiennent une substance susceptible de nuire au fœtus.

18 bouteilles contiennent une substance mortelle en cas d’ingestion.

18 bouteilles contiennent une substance mortelle par inhalation.

9 bouteilles contiennent une substance mortelle en cas de contact cutané.

3 bouteilles contiennent un néonicotinoïde.

22 bouteilles contiennent des substances dangereuses à toxiques pour les organismes aquatiques, entre 3 à 11 par bouteille.

Une moyenne de 6.18 par bouteille de SA dangereuses à toxiques pour les organismes aquatiques.

Tableau Classement Château / Nb SA détectées / PE / CMR etc…en PDF et bonne qualité   IciClassement :

1/ 15 SA détectées Château Lauduc Bordeaux rouge 2018, 15.50 €14 PE ,1 Qosi, 1 Sdhi, 1 neurotoxique, 1 néonicotinoïde, 1 mortel en cas d’ingestion, 1 mortel par contact cutané, 1 mortel par inhalation, 11 nuisent aux organismes aquatiques. Chateau Lauduc Résultats Labo.

2/ 13 SA détectées Domaine du Grand Ormeau Lalande de Pomerol 2015, 23.90€ 12 PE, 1Qosi, 1 Sdhi, 1 Néonicotinoïde, 1 susceptible nuire au fœtus, 10 nuisent aux organismes aquatiques. DOMAINE DU GRAND ORMEAU AOP Lalande de Pomerol Rouge 2015 Résultats Labo

3/11 SA détectées ex-aequo : 

Château Roquetaillade Le Bernet Graves 2016 27.90 € 10 PE ,1 CMR, 1 Sdhi, 1Qosi, 1 susceptible de nuire au fœtus, 7 nuisent aux organismes aquatiques. CHATEAU ROQUETAILLADE LE BERNET AOP Graves Rouge 2016 Résultats Labo

Château Galoupeau Bordeaux rouge 2018 11.50 € 11 PE, 1Qosi, 2 neurotoxiques, 1CMR, 13 nuisent aux organismes aquatiques. Château Galoupeau Bordeaux Rouge 2018 Vegan

4/10 SA détectées ex-aequo :

Esprit de Pennautier AOP Cabardès 2016, 23.00€ 9 PE, 1CMR,1 Qosi, 1 Sdhi, , 1 neurotoxique, 1 néonicotinoïde, 7 nuisent aux organismes aquatiques.Chateau de Penautier Cabardés Rge 2016 Résultats Labo

Esprit Nature Champagne blanc 36€ 10 PE, 1CMR, 1 Sdhi, 1Qosi, 1 mortel en cas d’ingestion, 1 mortel par contact cutané, 1 mortel par inhalation, 8 nuisent aux organismes aquatiques. Champagne Giraud Phytobilan esprit nature Champagne 

Champagne Giraud Dame Jane Rosé, 64.95€ 9 PE, 2CMR, 1 Qosi, 1 Sdhi, 1 mortel par contact cutané, 1 mortel par inhalation, 1 mortel en cas d’ingestion, 6 nuisent aux organismes aquatiques Champagne Giraud PhytobilanDame Jane Rosé

5/ 9 SA détectées ex-aequo :

Château Lascombes GCC Margaux 84.60€9 PE, 1 CMR, 1 Sdhi, 1 Qosi, 1 mortel par contact cutané, 1 mortel par inhalation, 1 mortel en cas d’ingestion, 5 nuisent aux organismes aquatiques. Chateau Lascombe Margaux 2017 Résultats Labo

Château La Mouline, AOC Moulis en Médoc 18.50€ 9 PE, 2 CMR, 1 susceptible de nuire au fœtus, 1 mortel en cas d’ingestion, 1 mortel par contact cutané, 1 mortel par inhalation, 8 nuisent aux organismes aquatiques. Chateau La Mouline AOC Médoc Rge 2016 Résultats Labo

Château Chasse Spleen Haut Médoc Cru Bourgeois 2016, 40€ 8 PE,1 CMR, 1 Sdhi, 1Qosi, 7 nuisent aux organismes aquatiques. Chasse Spleen Résultats labo

6/8 SA détectées Château Lamothe Vincent, 18.50€ PE, 1 CMR, 1 Qosi, 1 neurotoxique, 1 Néonicotinoïde, 1 risque avéré effets graves pour les organes, 5 nuisent aux organismes aquatiques. Mandipropamide la substance qui a les pires phrases de risque de toutes celles détectées.CHATEAU LAMOTHE VINCENT RESERVE AOP Bordeaux Rouge 2018 Résultats Labo

 7/7 SA détectées ex-aequo : 

Château Vieux Cassan AOP Médoc Rouge 2016 24.98€ 7PE, 1CMR, 1susceptible de nuire au fœtus, 1 risque avéré effets graves pour les organes, 5 nuisent aux organismes aquatiques. Taux record de Folpel détecté sur les 48 bouteilles analysées depuis 2018, (0.5363 microgrammes)Chateau Vieux Cassan Rge 2016 Résultats Labo

Château Ducru Beaucaillou, St julien de Beychevelle 2017, 51.90€ 6 PE, 1Sdhi, 1 Qosi, 1 mortel en cas d’ingestion, 1 mortel par contact cutané, 1 mortel par inhalation, 5 nuisent aux organismes aquatiques. CHATEAU LA CROIX DUCRU-BEAUCAILLOU AOC Saint Julien Rouge 2017 Résultats Labo 

ECHO 2017 Lynch Bages Pauillac 37.94€ 6 PE, 7 nuisent aux organismes aquatiques.Chateau Lynch Bages Echo Rge 2017 Résultats Labo

8/ 6 SA détectées ex-aequo : 

Château Fayau AOP Cadillac Côtes de Bordeaux Rouge 2017 22.79€ CHATEAU FAYAU JEAN MEDEVILLE AOP Cadillac Côtes de Bordeaux Rouge 2017 Résultats Labo5 PE, 1 CMR, 1 Qosi, 3 nuisent aux organismes aquatiques. 

Vieux Château Gaubert Graves blanc 2019, 8€ Dominique Haverlan  5 PE ,1 Qosi, , 5 nuisent aux organismes aquatiques. 2 BENJAMIN DE VIEUX CHATEAU GAUBERT AOP Graves Blanc 2019 HAVERLAN Résultats Labo

Château Larose Trintaudon Haut Médoc cru Bourgeois 2016, 24.98€. 6 PE, 1 Qosi,  1 mortel en cas d’ingestion, 1 mortel par contact cutané, 1 mortel par inhalation, 4 nuisent aux organismes aquatiques. CHATEAU LAROSE-TRINTAUDON CRU BOURGEOIS AOC Haut-Médoc Rouge 2016 Résultats Labo

9/ 5 SA détectées ex-aequo : Château Genibon rosé 2019, 21.80€ 4 PE, 5 nuisent aux organismes aquatiques. CHATEAU GENIBON ROSE DE GENIBON AOP Bordeaux Rosé 2019 Résultats Labo

Château Pont de Brion Blanc 2018 10.50€ Charlotte Molinari présidente des JA. 5 PE, 5 nuisent aux organismes aquatiques, 1 neurotoxique, 1 néonicotinoïde. Ch Pont De Brion AOP Graves Blc 2018 Molinari

10/4 SA détectées ex-aequo :

Château Fonreaud le cygne 2018 à 18€ 4 PE, 1 mortel en cas d’ingestion, 1 mortel par contact cutané, 1 mortel par inhalation, 4 nuisent aux organismes aquatiques. CHATEAU FONREAUD LE CYGNE AOP Bordeaux Blanc 2018 Résultats Labo

Château Olivier Bordeaux blanc sec 2017 GCC Graves, 47.90€. 3 PE, 1 Qosi, 3 nuisent aux organismes aquatiques. CHATEAU OLIVIER GRAND CRU CLASSE GRAVES AOP Pessac-Léognan Blanc 2017 Résultats Labo

Château Saransot-Dupré AOP Bordeaux Blanc 2018 23.17€ 3 PE, 1Qosi, 5 nuisent aux organismes aquatiques. CHATEAU SARANSOT-DUPRE AOP Bordeaux Blanc 2018

Décryptage des certifications et du marketing

La certification HVE est le niveau le plus élevé de certification environnementale mis en place par l’état, issu du Grenelle de l’environnement et inscrite dans les textes en 2011. Portée par le Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB), syndicat à cotisations volontaires obligatoires la HVE relève du greenwashing, cet écoblanchiment est un procédé de marketing utilisé dans le but de se donner une image de responsabilité écologique trompeuse.

C’est un habillage pour la viticulture qui repose sur la chimie de synthèse, auparavant nommée pudiquement « agriculture raisonnée » qui cherche à rassurer les consommateurs, à « verdir » son image pour se démarquer sur le marché. Elle est séduisante pour les agriculteurs qui ne veulent pas changer de système tout en se donnant une image écologique et responsable sans absolument rien changer à leurs pratiques. HVE n’est même pas une démarche de transition vers des pratiques respectueuses de la santé de l’homme et de l’environnement, du producteur au consommateur, mais uniquement un outil de marketing et de communication. Aussi, les termes « Haute Valeur Environnementale » cherchent à faire croire à une exigence forte vis-à-vis des domaines certifiées.

Or, en viticulture chimique, les pesticides utilisés tuent les sols et les micro-organismes indispensables à leur vie, la faune et la flore, sans oublier les agriculteurs qui les utilisent en première ligne, puis les personnes qui vivent et/ou se trouvent de manière fortuite près de ces parcelles traitées.

1400 exploitations viticoles ont la mention HVE. C’est la Gironde, avec 400 exploitations, qui en comptabilise le plus et la Marne qui arrive juste après avec 307 exploitations. La région Nouvelle Aquitaine veut atteindre 80% de fermes certifiées d’ici 10 ans. Dans le cadre de la ≪ transition agricole ≫, le décollage des certifications HVE est un objectif fort de la région. Elle envisage de créer un parcours facilité de la certification, avec financement, elle met plus de budget sur la certification HVE que sur la bio.

Contrairement aux certifications Bio ou Biodynamie, il n’y a aucun contrôle effectué par les organismes certificateurs HVE sur les produits issus de domaines labellisés HVE qui puissent garantir les résultats auxquels « s’engagent » les agriculteurs.

Les consommateurs non avertis et mal informés sont facilement dupés par ce label qui ne fournit aucune garantie. Le groupe LIDL n’y a d’ailleurs pas échappé : Lidl cofinance 7 certifications HVE dans le vignoble 

Le Vin Végan : est un vin sans traces de produits issus d’animaux. C’est-à-dire qu’au lieu d’utiliser de la colle à base de blanc d’œuf, de la caséine de lait, du miel, de la peau, du cartilage de poisson ou encore de la gélatine de bœuf ou de porc pour agglomérer les lies en suspension après la fermentation, les vignerons VEGAN clarifient le vin avec soit des protéines végétales (pois, soja), de la poudre d’algues ou de l’argile (bentonite). De plus, les vignerons ne doivent pas utiliser de compost à base de bouse de vache, ni de fumier de cheval, ils ne laissent pas non plus les moutons pâturer dans les vignes.

La nouveauté en la matière est la création d’un Label « V label VEGAN » de l’Association végétarienne de France qui reconnait ce type de vin. L’Union végétarienne européenne (EVU) dont fait partie cette association est une organisation européenne à but non lucratif dont l’objectif est de promouvoir le végétarisme.

Or, dans le cahier des charges du V label, les pesticides de synthèse ne sont pas interdits. Des vins en viticulture chimique qui utilisent les pesticides les plus dangereux, CMR, PE, Sdhis et Qosis peuvent être labellisés « Vegan » sur leurs bouteilles. Ces vignerons peu scrupuleux et ce label qui se réclame de « clarté et de transparence » ont bien saisi l’opportunité économique de ce groupe cible en croissance.

Aux consommateurs Végan qui, par conviction, font le choix de ne plus consommer d’animaux pour éviter de participer à la souffrance animale, méfiez-vous de ce label !  Si dans le produit fini, le vin en bouteille, il n’y a en effet aucune trace de produits issus d’animaux, en revanche, vous pourrez y retrouver des résidus de pesticides de synthèse utilisés lors des saisons de traitements, dont certaines CMR, PE, SDHIS pour l’homme, elles affectent aussi la faune, les organismes aquatiques et tuent les micro-organismes qui se trouvent dans les sols. Château Galoupeau Bordeaux Rouge 2018 Vegan

De jeunes entrepreneurs peu formalistes ont lancé il y a peu à Bordeaux « le premier bar cave Vegan ». Hormis le fait que sur leur carte seulement deux vins portent ce label, les deux entrepreneurs surfent eux aussi sur ce « groupe cible en croissance » en mettant en avant  » de proposer des produits qu’ils ne goûteraient pas ailleurs et de montrer qu’il est possible de boire du vin sans aucun intrant animal. » D’après Sud-ouest, « les commerçants de 23 ans seraient allés à la rencontre de vignerons et auraient négocié pour que certains suppriment les produits animaux entrant dans leur production, notamment au moment du collage. Ils peuvent désormais se targuer de proposer une carte d’une dizaine de vins ». 

Le label zéro résidus de pesticides :

Zéro résidu de pesticides ne signifie pas qu’aucun pesticide n’a été utilisé, mais que le produit fini ne contient aucune trace de ces substances.

Un label qui fait croire au Bio, et à y regarder de près, ne garantit pas l’éviction des pesticides de synthèse : voir nos analyses du Champagne Giraud avec 10 substances actives détectées dans les deux bouteille.

Il s’applique aussi aux aliments, Que choisir a d’ailleurs récemment alerté les consommateurs sur ce label qui porte aussi à confusion, voir leur article ici

 

Si vous voulez être certain.e de boire un vin respectueux de la santé de l’homme et de tous les êtres vivants du producteur au consommateur et soutenir la seule viticulture viable, celle de l’avenir, vous pouvez faire confiance à ces certifications.

 

 

 

L’éclairage et le décryptage apportés par ces analyses mettent en évidence la réalité des pratiques d’un produit plaisir n’auront bientôt plus autant de portée : il existe des produits œnologiques comme la zéolithe ou le charbon actif qui permettent de décontaminer les vins des résidus de pesticides. Leur action réduit voire efface les traces, les résidus de ces substances de synthèse. 

A la pointe de ces produits œnologiques le dernier né, le Flowpure et de loin le plus performant : une aubaine pour les vignerons qui cherchent à invisibiliser leurs pratiques qui reposent sur la chimie de synthèse. D’autant que L’Europe vient d’autoriser un nouvel auxiliaire technologique  : les fibres végétales sélectives, capables de fixer les substances actives afin d’éliminer les résidus des produits phytosanitaires dans les vins.

Ces vignerons pourront d’un côté se vanter de vendre des produits « zéro résidus de pesticides » séduisants pour des consommateurs à la recherche de produits respectueux de l’environnement et de la santé  et de l’autre, ils  pourront invisibiliser la réalité de leur pratique et l’exposition des ouvriers viticoles et des populations riveraines de leurs parcelles aux substances dangereuses et toxiques qu’ils pulvérisent lors des traitements.

PRESSE : 

Le Monde : Des traces de pesticides dans des vins certifiés « haute valeur environnementale »

France Bleue Gironde : Bordeaux : pesticides dans des vins labellisés « haute valeur environnementale », la filière se défend

Le Parisien : Des résidus de pesticides dans des vins labellisés

Vitisphère, Les antiphytos s’attaquent maintenant aux vins labélisés HVE

Marc Vanel, L’actualité du vin en Belgique et à l’étranger : Alerte aux Toxiques, le label HVE en question

Jean-Pierre Stalh, côtés châteaux à la rescousse du civb : HVE : le label mis en cause par Alerte aux Toxiques, Interprofession et vignerons dénoncent une interprétation fausse…

à mettre en lien avec : Cancers : l’incroyable aveuglement sur une hausse vertigineuse, Reporterre 

 
Valérie Murat
06 11 526 597
valeriemu@outlook.fr
Twitter @MuratValérie
Facebook Valérie Murat

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35 réflexions sur “Analyses de résidus de pesticides dans les vins, les résultats : La HVE encore gourmande en pesticides !

  1. Bonjour,
    Pouvez vous indiquer les molécules correspondant aux classements toxicologiques. Exemple, quelles molécules sont mortelles en cas d’ingestion.
    L’analyse de Ducru Beaucaillou n’est pas disponible.
    Merci pour votre retour.
    Cordialement,
    Cécile Chambriard

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  2. Bonjour,

    Je viens de regarder les résultats d’analyses et je m’interroge sur la portée de l’accréditation.
    Normalement, les analyses réalisées sous accréditation COFRAC sont présentées avec un élément permettant de l’affirmer. Or ici, il n’en est rien.
    Je me demande donc si ces analyses ont été réalisées sous accréditation.
    Si tel n’est pas le cas, la manière dont vous les présentez (extraction de feuilles sorties de leur contexte) n’est pas conforme aux principes de l’accréditation.
    Sans remettre en cause la qualité des résultats, le point que j’indique est néanmoins très important.
    Cordialement,

    Claude GARCIA

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  3. La certification HVE à aucun moment ne dit qu’il n’y a pas utilisation de pesticides, il y a une réduction grâce à des conseils techniques et des analyses de sol. En Champagne, dans une région très septentrionale, il est selon les années très difficile de s’en passer. Pour notre exploitation nous utilisons 85% de produits phyto classés bio-contrôle, nous charutons le sol, plus de glyphosate, plus d’insecticides grâce aux Raks. Nous préférons être transparents et honnêtes, en champagne le Bio est minoritaire, aléatoire et ne fait pas vivre une exploitation, et le consommateur n’est pas toujours d’accord de payer plus de 80€ une bouteille. Avez vous analysé des vins bios? Il me semble que le cuivre n’est pas plus naturel qu’un produit chimique.
    Votre étude ne dit pas qu’elle doit être la quantité consommée pour ces vins pour être un danger, sachant que l’alcool est toujours consommé avec modération…j’ai conscience que c’est l’accumulation de perturbateurs qui est dangereux, d’autres produits du quotidien passent avant les vins non?
    Je suis d’accord sur 1 point, se vanter de 0 pesticide c’est mentir…cf vos analyses…
    Soyons honnêtes plutôt que de faire du marketing, ceux qui se vantent ne sont pas les plus « propres »!
    PS: mes parents ont 73 ans, ma grand-mère 94 ans ils se portent bien, et les disparus sont décédés à des âges dans la moyenne nationale. Alors Santé!😃🍾🥂

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  4. Bonjour, je vous remercie de votre article et de votre transparence. Je me demande cependant toujours pourquoi on ne s’intéresse jamais aux pesticides utilisés en agriculture biologique. Beaucoup d’ignorants partent du principe que si c’est naturel, c’est inoffensif… mon grand-père producteur est bien placé pour savoir que c’est faux… et la nature commence à bien nous en avertir avec les dégâts du cuivre et du souffre. D’ailleurs, tous les pesticides de synthèse sont tirés de molécules naturelles à la base… tout comme les poisons d’ailleurs. Si vous êtes vraiment intègre comme je pense que vous l’êtes, merci de sensibiliser les gens aux dangers de l’ensemble des pesticides. Un pesticide, ca reste un pesticide, donc ça tue!

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  5. Pascal 16 septembre 2020 At 21 h 48 min

    Bonsoir,
    Pourquoi tout le temps vouloir ne pas reconnaître les efforts faits par la profession et systématiquement la clasher par idéologie d’une agriculture sans pesticides de synthèse alors que rien ne prouve qu’elle est plus nocive qu’une agriculture Bio utilisant des pesticides dit ” naturel” …que vous en ayez contre la chimie ,soit ! J espère juste que lorsque vous avez une migraine ou autre ,vous n absorbez pas de paracétamol ou ….

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  6. Bonjour,
    Pour la plupart des références, peu de surprises finalement… En revanche, je suis étonné pour la cuvée de chez Giraud qui justement atteste d’une analyse labo sur 200 molécules avec 0 résidus de pesticides dans la bouteille finalisée : avez-vous pu comparer ces analyses et les vôtres, les mettre en perspective ?
    Cordialement.
    FD

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  7. Bizarre, pourrais-je savoir pourquoi mon commentaire n’a pas été validé? Derrière tout votre blabla de défense des gens, vous n’êtes finalement qu’une défenseuse de pollueurs par rapport à d’autres pollueurs. Les méfaits du soufre, du cuivre, du neem (et j’en passe) sont scientifiquement avérés sur l’environnement et la santé humaine mais bien cachés par les lobbys bio. Et je ne parle pas des purins qui, quand ils sont mal faits, dézinguent toute la faune du sol. Finalement, vous êtes aussi malhonnête que ces industriels que vous critiquez.
    Votre père doit vous regarder avec mépris de sa tombe. Je vous plains !

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    • Bonjour,
      Une copie d’écran a été réalisée avec votre adresse IP et adressée à mon avocat.
      Ravalez les injures sur la mémoire de mon père comme vous les avez crachez, avec toute la bêtise et la méchanceté qui caractérisent vos propos, ils sont la preuve de votre absence d’argument.

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  8. Bonjour, l’environnement ne se résume pas aux résidus de pesticides dans vin. Le premier CMR dans le vin c’est l’alcool qui n’est pas sous forme de trace !
    Marlène Gonçalves

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  9. Bonjour et bravo pour ce travail de mise en évidence d’un système « crapuleux ».
    Les résultats des analyses que vous publiez conduiraient toute autre entreprise et son gérant devant la cour pénale, pour escroquerie, dissimulation des risques aux consommateurs, publicité mensongère, abus de confiance, empoisonnement délibéré. Ce serait bien que des juristes spécialistes des questions de l’environnement se saisissent de ces résultats et mènent une action en justice.
    Votre enquête fait très bien ressortir l’écart entre leur propagande « raisonnée » et leur triste réalité. On pourrait les qualifier de criminels en bande organisée. Car les produits que vous listez ne sont pas anodins, ils provoquent les pires des maladies, de la souffrance humaine et, au bout, la mort d’individus. Des témoignages d’ouvriers viticoles à qui on a diagnostiqué un cancer lié à la présence de pesticides dans leur corps, il y en a aussi beaucoup. Plusieurs cancers sont liés aux pesticides, on le sait. Les recherches sur le sujet ne manquent pas. Officiellement la maladie de Parkinson à aussi pour cause l’exposition aux pesticides (officiellement car le ministère de la santé l’écrit sur son site). Alors, pour quelle raison l’état ne fait-il rien ? Complice ? Peut-on aussi l’attaquer en justice pour inaction, comme pour le réchauffement climatique ? En ce qui me concerne, je pense que c’est par la voie de la justice que ce combat peut se gagner.
    Serge Salvagnin

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  10. Pouvez-vous m’expliquer comment vous pouvez qualifier de « bio » et de «respectueux de la vie (microbienne) » des vins traités au cuivre, polluant notoire, exterminateur de toute microflore fongique et dont la demi vie est l’éternité, à savoir infiniment plus que n’importe quel atome radioactif !?!
    Alors que sans vos dogmes ecoverts, des Ogm bien pensés pourraient éviter toute utilisation de fongicide !

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      • qu’en est il des vignerons « bios » qui achètent des raisins conventionnels quand la récolte n’est pas là????

        on en parle, qui se fou de qui?
        celui qui traite et qui le dit ou celui qui se dit « bio » et met dans ses bouteilles des raisins traités.
        je n’accuse pas tous les bios rigoureux et honnêtes, mais bien ceux qui ont coutume de le faire.
        c’est un tabou à mettre en plein jour en champagne!!!!!!!!!!!!

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  11. Merci pour votre travail de vigilance. Cette enquête est édifiante. Depuis plusieurs années, je n’achète plus que du vin bio, et quand je vais au restaurant, c’est pour moi un critère de choix sur la carte.

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  12. Bonjour,
    Pourriez-vous SVP partager les résultats d’analyses, permettant de voir les concentrations mesurées ?
    Merci apr avance,
    Yann Tessier
    (toxicologue de métier et pro-vin bio)

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