Réunion Chartes des Riverains Chambre d’Agriculture, Parodie de Concertation.

Ce matin, 8 janvier 2020 avait lieu  une réunion pour l’élaboration des Chartes de riverains à la Chambre d’Agriculture de la Gironde (CA 33).

Si la Chambre a invité les organisations agricoles et les organisations locales anti- pesticides qui portent la voix des riverains, c’est parce que nous avons dénoncé une tentative scandaleuse de garder cette question entre professionnels et sans les premiers concernés : d’abord dans un communiqué de presse le 3 décembre puis  lors de notre rassemblement de contestation le 12 décembre.

La Chambre d’Agriculture ne prête pas ses affaires : en amont de la réunion d’aujourd’hui, la demande de communication du document de travail (présenté aux organisations agricoles le 12 Décembre)  nous a été refusée. Ce matin, dès la fin du tour de table des présentations, nous avons été plusieurs à réclamer le document. Néanmoins, nous avons dû supporter la lecture du décret du Ministère de l’Agriculture ( que nous connaissons déjà ) puis exposer nos recommandations et écouter celles des organisations professionnelles avant qu’il nous soit enfin remis.

La réunion d’aujourd’hui n’était qu’une singerie visant à sauver le cadre légal du décret ; grande tartufferie qui permet d’éviter d’aborder le vrai problème, la nature des produits. Non seulement ce décret n’apporte rien pour réduire l’exposition des riverains aux pesticides de synthèse mais il n’ajoute rien  au cadre légal existant : Le décret interdit en effet, les CMR 1 à moins de 20 mètres des habitations, alors qu’ils sont interdits par le règlement européen depuis 2009. Ce dont ne semblait pas informé Monsieur DDTM (Direction Départementales des territoires et de la Mer) ainsi que d’autres interlocuteurs de la CA 33, ces messieurs faisant preuve de confusion lors de mes questions à propos des différences de classement.

Or, la vraie question est bien la nature des produits, car il y a une différence fondamentale entre être exposé à des produits qui provoquent le cancer, ou nuisent aux fœtus, provoquent des pathologies lourdes et irréversibles et des produits qui irritent les yeux, provoquent des réactions cutanées ou des démangeaisons ORL.

Aussi, après avoir distribué la carte établie par la Draaf des 128 écoles de gironde enclavées  dans les vignes, j’ai posé une seule question pour notre association. Si l’exposition des riverains est aujourd’hui sur la table c’est  parce-que ma camarade du Médoc, Marie-Lys Bibeyran et moi-même avons médiatisé l’accident de Villeneuve de Blaye.

Y aura-t-il un traitement spécifique pour ces 128 écoles de gironde ?

cartographie

 Ou voulez vous que les conflits avec la société civile augmentent ?

noms sur les tables

 

 

Devrons-nous bientôt équiper les enfants de combinaisons masques et gants d’avril à septembre ?

Cette année encore, dans à peine 4 mois les enfants de ces écoles vont baigner dans les vapeurs de Folpel, et de  Boscalid et autres CMR, PE ou encore Sdhis  dangereux pour leur santé.

 

 

 

 

Ce à quoi président de la CA 33, Monsieur Dubourg qui a par ailleurs accusé  les abeilles d’être responsables des dérives de pesticides pendant la réunion a répondu « qu’il n’y avait pas de conflits entre les viticulteurs et la société civile »  esquivant ma question.  Pourtant, dans le texte il est question à plusieurs reprises de « situations de conflictuelles qui devront être rapportées à la cellule de dialogue ». Cette cellule sera-t-elle en lien direct avec Demeter, la cellule du renseignement de l’observatoire de l’Agribashing,  créé il y a quelques jours par la préfète de gironde ?!

Un traitement spécial de ces 128 écoles serait la première mesure d’urgence à prendre dans ces chartes. Cela permettrait d’engager un réel changement de pratiques et d’apaiser les tensions grandissantes entre professionnelles et riverains qui ont lieu chaque année. Une première mesure vers un changements des pratiques pour une agriculture de cohabitation sur le territoire de la gironde.

Car au cœur de l’exposition des riverains, il y a la question de l’exposition des enfants. Sans traitements spéciaux, ces 128 écoles sont 128 points de crispation.

Mais dans ce texte il n’est question que de respecter la loi ou de mesures d’évitement : utiliser des produits homologués, respecter les conditions d’emploi, respecter les limitations de la vitesse du vent, éviter les CMR.

Si les responsables de la Chambre d’Agriculture seront sans aucun doute satisfaits de la réunion de ce matin, pour AAT, le compte n’y est pas ! un décret qui élude la vraie question et interdit ce qui est déjà  interdit depuis plus de 10 ans, une charte qui rappelle  le cadre réglementaire mais n’impose aucune obligation légale,  aucune contrainte ni  contrôle, le tout dans une nov’langue qui a transformé exposition des riverains aux pesticides de synthèse en « relation avec les riverains »…Comment se satisfaire d’une telle bouffonnerie ?

Ces simulacres de concertations ont le mérite de montrer le rôle ambigu du ministère des services de l’État reflet du mépris pour les riverains.

En l’état, AAT ne signera pas cette chartes.

 

Valérie Murat, Porte-parole.

Presse :

Vitisphère, Alexandre Abellan La charte entre viticulteurs et voisins se dessine, et se débat 

RCF Édition 9 janvier 2020  Blandine Jannin, Violaine Attimont à partir de la minute 7’26

TV7, Christophe Chavanneau Pesticides et riverains, la Charte de la discorde.

Siné Mensuel janvier 2020, Antoine Lopez, aux larmes la FNSEA Siné Mensuel janv 2020

Vitisphère, Alexandre Abellan 14 Janvier 2020, Pas d’unité syndicale pour la charte riverains

Vitisphère, Alexandre Abellan 16 Janvier 2020 Tensions politico-viticoles autour d’une extension d’école maternelle

 

 

Une réflexion sur “Réunion Chartes des Riverains Chambre d’Agriculture, Parodie de Concertation.

  1. Même topo dans la Marne et dans le Sud de l’Aisne où notre association (SPRA) est particulièrement active sur ce sujet depuis dix ans. Chartes signées sans les riverains donc non respect de la loi EGALIM, médiatisation de ce scandale et…. aucune réaction ! Passons sur le décret dont le texte est comme vous le dites « une tartuferie ». Agriculture, viticulture, FNSEA, autorités de l’Etat : tous complices ! Rien n’y fait. A croire et c’est déjà le cas que seuls ceux qui sont atteints par les pathologies dont ils sont les auteurs réagissent. On a beau expliquer et alerter, la réponse est : « Quand quelqu’un se tue à vous le dire… laissez-le mourir ! » (J. PREVERT)

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s