Rassemblement de contestation à la Chambre d’Agriculture de la Gironde, l’omerta perdure.

 

Un rassemblement de contestation  devant la Chambre d’Agriculture de Gironde lors de la réunion  agricolo-agricole d’élaboration de Chartes de riverains a été organisé par Alerte aux Toxiques, le Collectif Infos Médoc Pesticides, l’APHG et Générations Futures Bordeaux ce jeudi 12 décembre à 10h00.

Informées de la tenue de cette réunion mais sans les premiers concernés,  nous avons été 10 organisations impliquées et force de propositions sur ce sujet à publier un communiqué de presse le 3 décembre dernier pour dénoncer le mépris des institutions de la viticulture et des pouvoirs publics quant à l’exposition des riverains à des pesticides de synthèse, en pdf ici
concertation agricolo agricole chartes riverains_001
Ambiance…pour saisir le niveau d’omerta…
Nous n’étions pas invités, encore moins attendus.  Nous avons pu le mesurer à la longueur des mines des participants qui ont découvert nos banderoles et nos pancartes devant l’entrée du bâtiment. La présence de 12  personnes a suffit à leur rappeler notre capacité de nuisance et notre volonté à porter la voix des riverains.
Seules étaient présentes les organisations agricoles, à savoir la Confédération paysanne, les viticulteurs bios, l’association des maires, la coopération agricole et l’administration de la CA 33.
Notre comité d’accueil n’a clairement pas été du goût des ardents défenseurs de la viticulture en chimie de synthèse  comme Monsieur Patrick Vasseur, Vice-président de la Chambre d’Agriculture de la Gironde –c’est dire à quel point les agriculteurs sont pas aidés pour changer de pratiques-
M. Vasseur nous a refusé l’accès à cette réunion en se plantant sur le parvis du bâtiment. Il nous a  physiquement barré l’entrée en récitant les plus grotesques des arguments du recueil des firmes de l’industrie chimique à propos du cuivre et du soufre.
Nous n’avons pas manqué de lui rappeler qu’à ce jour, il n’y a aucune étude établissant un lien avec des pathologies lourdes et irréversibles et une exposition au cuivre ou au soufre, contrairement à une bibliographie qui ne cesse de s’accumuler sur les liens entre ces pathologies et l’exposition à des pesticides de synthèse, dont la méta-étude de l’INSERM de 2013 .
Passons sur ses comparaisons hasardeuses avec le tabac, pour en venir au  comble de l’omerta : alors que nous réclamions l’entrée à cette réunion, M. Vasseur n’a pas hésité à stigmatiser ma camarade Marie-Lys Bibeyran et moi même en affirmant « qu’il est impossible de débattre » avec nous alors que c’est précisément ce que nous demandons.
Dans Sud-Ouest et Rue 89 Bordeaux  le Vice-président affirme « une réunion avec les associations est prévue  le 16 décembre »…/… « Phyto-Victimes sera aussi présent, on n’a pas invité Alerte aux Toxiques, ni Infos Médoc Pesticides, qui seront représentées par Alerte pesticides Haute Gironde. On préfère avoir des associations départementales plutôt que locales. »
Nous dénonçons ces mensonges et ces manœuvres !
1/ Seuls l’APHG, la Sepanso et Générations Futures Bordeaux ont été conviées à la réunion du 16 alors que le communiqué de presse du 3 décembre a été signé par dix organisations !
L’APHG et GF n’assisteront d’ailleurs pas à cette réunion, leur communiqué de presse respectifs, ici et ici.
2/Ni Alerte aux Toxiques ni Collectif Infos Médoc Pesticides n’ont donné délégation à l’APHG ou Générations Futures pour les représenter, contrairement aux dires et à l’ingérence de M. Vasseur. Voir notre courrier adressé le 16 décembre au Vice-président de la CA 33.
3/Le siège de Phytovictimes est basée en Charentes, représente les professionnels et n’est pas signataire du Communiqué de presse du 3 décembre.
Entendre nos organisations  à part des professionnels est une tentative de réduire nos voix à une petite délégation, de transformer la concertation en une opération de communication,  où les commentaires ne sont ni écoutés encore moins pris en compte.
Sous-entendre que certaines associations sont plus acceptables que d’autres est indigne d’un élu de la CA 33.
Autant de procédés qui ont vocation à garantir que ce problème reste agricolo-agricole !
L’air, l’eau et la terre, sont des biens communs, leur empoisonnement par les pesticides de synthèse est une question de santé publique. Aujourd’hui la société civile est informée et elle se mobilise sur ces questions. La Chambre d’agriculture, les institutions de la viticulture et les pouvoirs publics doivent prendre la mesure de ce qui se passe et affronter le débat.
En Gironde il y a près de 130 écoles enclavées dans les vignes (voir cartographie Draaf ici) où chaque année d’avril à septembre les enfants baignent dans les vapeurs de molécules dangereuses pour leur santé*. Dans la plus grande appellation de France, les habitations, les équipements sportifs, culturels sont imbriqués dans les parcelles viticoles,  souvent à quelques mètres des rangs de vignes.
Tous ces points qui subissent les dérives des pulvérisations de pesticides de synthèse sont autant autant de sujets de crispation et de tension que  les institutions locales de la viticulture et les pouvoirs publics ne devraient pas ignorer et mépriser.
Ce mépris des riverains pourrait bien abimer encore plus l’image des vins de Bordeaux et  la confiance en la profession. La plus grande appellation de France souffre d’une crise sans précédent sur les montants des transactions et plusieurs grands noms du négoce et de la viticulture prestigieuse ont  récemment été condamnés lourdement par la justice**
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Des solutions existent et il y a de la place pour tout le monde.
Une agriculture de cohabitation est possible.
La viticulture certifiée Bio ou Bio Dynamie est la seule respectueuse de la santé de l’homme et de l’environnement, du producteur au consommateur et la  seule viable sur le long terme.
Valérie Murat, Porte-parole d’AAT.
Retour en images :
**Vitisphère, 9 Août 2019 Alexandre Abellan, Le prix plancher du Bordeaux tombe à 800 euros/tonneau
Canard enchaîné 27 novembre 2019 un roi du Bordeaux  s’agite en vin
Vitisphère 25 juillet, Alexandre Abellan L’affaire Grandeau continue de planer sur les vins de Bordeaux
Relai Presse  :

Sud-Ouest, 12/12/2019 Aude Boilley  Bordeaux : des associations manifestent devant la chambre d’Agriculture

Rue 89 Bordeaux, Carole Latouche 13/12/2019 Pesticides : une Charte des riverains négociée sans riverain

Sud-Ouest 16 décembre 2019, Aude Boiley Pesticides en Gironde : une nouvelle réunion de la charte des riverains sera convoquée en janvier

Vitisphère, Alexandre Abellan 16 Janvier 2020 Tensions politico-viticoles autour d’une extension d’école maternelle

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