Compte rendu de la 1ère réunion de travail au CIVB : un pied dans la porte.

Dans la plus grande appellation viticole de France, avec ma camarade du Médoc Marie-Lys Bibeyran, depuis plus de 6 et 5 ans que nous alertons, que nous avons mené de nombreuses actions qui ont marqué les esprits, que nous avons le soutien d’organisations très diverses, de chercheurs, que la société civile et les médias sont de notre côté il  nous aura fallu aussi passer par la case scandale à répétition pour être enfin reçues par la « profession ». Un tanker qui avance dans une mer de glace !

Aujourd’hui, nous avons un pied dans la porte !

Mais être reçues et entendues par l’interprofession qui a « vendu pour 3,65 milliards d’euros de vin en 2016 » c’est seulement la reconnaissance de notre existence .

Une nouveauté qui a toute son importance ! M. Sichel, actuel Président du CIVB se démarque clairement de son prédécesseur et des 3 autres interlocuteurs de l’institution. Il se montre ouvert au dialogue, écoute attentivement et donne le sentiment de prioriser l’intelligence. Un homme civil et respectable.

Mais sur le cœur de nos propositions de sortir des CMR et de réduire l’exposition des populations exposées aux pesticides, les interlocuteurs du CIVB se réfugient toujours derrière les homologations et/ou la loi pour le message aux professionnels :

– Pas d’interdiction des CMR, « ils n’iront pas contre les homologations de mise sur le marché de l’ANSES ».

– Pas d’obligation de protéger les élèves  exposés par principe de précaution avec produits bio  non classés, « ils n’obligeront pas à traiter avec des produits Bio non classés les écoles et/ou zones sensibles ». Même si le modèle de Charte appliquée à Listrac a retenu l’attention de M. Sichel.

– Ils ne demanderont pas aux vignerons « d’aller à l’encontre d’un arrêté » sur les EPIS, ne leur diront pas « d’allonger le délai de ré-entrée pour éviter aux ouvriers agricoles de porter des EPIS ».

Points positifs sur les 9 abordés :

1/ Rappel à la loi pour l’obligation d’informer les salariés de la liste des produits aux quels il ont été exposés.

2/ Mise en place d’une réunion annuelle en amont de la saison de traitements : Mettre en relation les professionnels de la viticulture et toute personne se sentant concernée par les pulvérisations de pesticides (pour éviter d’être restrictif sur la notion de riverain).

3/ Mise en place d’un comité de suivi sur les mesures prises et à prendre sur les pesticides : Syndicats de professionnels, associations d’informations sur les pesticides, de victimes, collectifs d’alerte, associations parents d’élèves, chercheurs.

4/ Ils veulent continuer à utiliser du cuivre et ont des craintes sur sa prochaine ré homologation.

La position du CIVB reste donc très globalement  sur les bonnes intentions, les recommandations, les incitations.

Or, si l’institution préconise des mesures incitatives elle doit être transparente et montrer :

1/ Quelles sont ces mesures incitatives concrètes du point de vue technique et financier. Car s’il y a incitation mais sans rien de mis en œuvre, quelle est l’utilité de l’incitation ?

2/ le CIVB veille à la notoriété des Vins de Bordeaux, aussi il pourrait pondérer les aides de promotion versées aux ODG en fonction de leur action positive pour la santé publique et la réputation des vins de Bordeaux. Exemple de critère de pondération : protection des écoles en Bio ou en Zéro CMR.

De plus, nos interlocuteurs tentent faire croire que nous avons les mêmes objectifs.

Notre objectif est  de réduire l’exposition des populations exposées aux pesticides  grâce à des mesures concrètes faciles à mettre en œuvre rapidement pour la santé publique, la santé au travail et la notoriété des vins de bordeaux.

C’est le trio infernal M. Farges – M. Bova – M. Château qui incarne les freins à la réforme du CIVB, l’inertie et le refus de sortir ce problème de la « profession ».

Ce trio dont  M. Farges est en tête s’est montré hostile à toutes les mesures présentées, agressif, arrogant, a jeté de l’huile sur le feu, en nous qualifiant de malhonnêtes, nous reprochant des propos violents, d’en faire une affaire personnelle, de préférer l’invective à un travail de fond.

Le matin même M. Farges ; s’adressant aux professionnels des vins de Bordeaux dans un édito déclarait à propos d’ AAT et du CIMP  « des organisations  qui préfèrent l’invective au travail de fond » et qu’ils « ne se laisseraient pas  entraîner vers des tensions inutiles avec leurs voisins ».

Difficile de se dédire auprès d’une base chauffée à blanc avec des discours anti-Bio, anti écolo-bobo, des rumeurs  répandues pour traîner le bio dans la boue comme notamment lors de l’accident de Villeneuve de Blaye.

Barons et laquais se comportant comme s’ils étaient les uniques propriétaires de l’air de l’eau et de la terre en Gironde.

Aussi, souhaitons que M. Sichel continue de se démarquer des trois autres représentants du CIVB, d’autant qu’en tant qu’actionnaire principal du Château Palmer en Bio depuis 2008, il connaît parfaitement les contraintes et les risques de la conversion.

Espérons qu’il saura les « embarquer » et  lever les freins à l’indispensable et nécessaire grande réforme du CIVB.

S’il n’y pas d’action positive pour la santé publique, alors nous utiliserons les moyens que  nous avons toujours utilisé : des actions fortes qui marquent les esprits. La déscolarisation  des enfants exposés pendant les délais de ré-entrée appliqués aux travailleurs des vignes est une piste qui mobilise déjà des parents et leurs organisations.

AAT continuera de collaborer et d’imposer la présence de  toutes les voix qui n’ont pas été entendues pour que ce problème ne reste pas dans la « profession ».

AAT continuera de diffuser et de promouvoir auprès des professionnels des exemples, pour une viticulture respectueuse de la santé de l’homme et de l’environnement, du producteur au consommateur.

Retours Presse :

JT France 3 vendredi 9 mars : https://www.youtube.com/watch?v=XdTS97tKUuE&feature=youtu.be

France Bleue : Rencontre CIVB/ associations anti-pesticides à Bordeaux : des terrains d’entente … et des divergences

Sud-Ouest :

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Sud-Ouest : Rencontre inédite entre le CIVB et les collectifs anti-pesticides

Rue 89 : Sous pression de la société civile, le CIVB avance vers la sortie des pesticides

Vitisphère : Plus de prises de bec que de compromis entre antiphyto et interpro

La Clé des Ondes : Kaléidoscope à partir de 17’38 itw de Valérie Murat.

 

Une réflexion sur “Compte rendu de la 1ère réunion de travail au CIVB : un pied dans la porte.

  1. Pingback: PREMIÈRE RÉUNION DE TRAVAIL AU CIVB – V. MURAT & M-L. BIBEYRAN | ALERTE PESTICIDES HAUTE GIRONDE

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