Intervention Marche contre Monsanto à Bordeaux, 20 Mai 2017

Voici le texte que j’ai lu à l’issue de la Marche :

Bonjour, Bordeaux !!! C’est un  plaisir de vous retrouver chaque année !

Bordeaux contre Monsanto ou Bayanto?!

Bayer rachète Monsanto,

Chem China rachète Syngenta

Dow Chemical fusionne avec Dupont … Tout ça …ça mange à la même cantine !

photo prise de parole

Je suis Valérie Murat. J’ai engagé pour mon père, la 1ere plainte au pénal pour homicide involontaire d’un vigneron décédé d’un cancer reconnu maladie professionnelle en lien avec l’arsénite du sodium.

Dans cette procédure pénale qui est une 1ere en France, mes adversaires principaux sont :

  1. Bayer qui a produit et commercialisé ces pesticides à base d’arsénite du sodium
  2. Et les services de l’état qui ont autorisé leur mise sur le marché pendant + de 40 ans avec des mentions erronées et incomplètes sur les étiquettes et sans jamais alerter les professionnels sur leur dangerosité.

Alors, de ma place, c’est un réel plaisir de vous retrouver si nombreux d’année en année, de voir à quelle point la société civile est mobilisée. Et  cela me conforte dans les choix que j’ai faits et que je sais justes.

Mais la lutte contre ces entreprises prédatrices qui produisent les pesticides, et pour une agriculture respectueuse de la santé et de l’environnement ce doit être tous les jours !

Et cela ne doit pas s’arrêter à une Marche, un jour dans l’année.

Et avec ce gouvernement, nous allons devoir redoubler d’efforts.

Dans notre pays,  l’état donne un permis d’empoisonner à des entreprises pour qu’elles amassent des profits,

L’état légifère pour transférer les responsabilités des frimes de l’industrie chimique sur les travailleurs agricoles,

à ce marché juteux qu’ont instauré les firmes avec la complaisance des services de l’état, s’ajoute ici une omerta entretenue par les institutions de la viticulture.

Car ici, les pesticides c’est la viticulture.

Particulièrement la viticulture luxueuse, celle qui s’exporte et qui veut faire de bordeaux la capitale de l’oeno tourisme luxueux,  où brille son joyau, l’étron étincelant, la cité du vin, où l’on n’apprend rien du savoir-faire des vignerons

Et où le mot qui fâche ici, « Pesticides » n’est prononcé que lors de conférence visant à faire croire que l’on ne peut s’en passer.

Ici à Bordeaux, la réalité, c’est que nous vivons au royaume de l’omerta.

Une omerta instaurée par le CIVB, le comité interprofessionnel des vins de bordeaux. Cette institution censée promouvoir les vins de Bordeaux et le travail de ces professionnels,  bouffie d’hypocrisie, refuse d’avouer que la viticulture dont elle fait la promotion est dépendante et repose sur la chimie de synthèse et qu’elle envoie ainsi ses professionnels à la maladie et à la mort.

Cette institution au double langage schizo qui revendique les bonnes pratiques des professionnels, sachant pertinemment que l’exposition zéro, ça n’existe pas.

Qui se réfugie derrière les homologations de mise sur le marché les prétendant garantes de la santé des utilisateurs

Cette institution qui refuse de les aider et de les accompagner dans la transition de leurs pratiques  pour une viticulture respectueuse de leur santé et de l’environnement.

Seule issue à la survie de leur économie car aujourd’hui, plus personne ne veut d’un vin qui a empoisonné des viticulteurs, des femmes enceintes ou des enfants !!!

Pyromanes qui voudraient nous expliquer comment éteindre le feu :

Cette  institution responsable de la situation actuelle, qui voudrait faire croire qu’elle œuvre au changement, à grand renfort marketing à 500 000 euros sur le service publique,

Avec tout le remue-ménage que nous avons fait à bordeaux contre les pesticides, ils tentent vainement de refermer le couvercle de la marmite en ébullition de l’inquiétude de la société civile.

Cette institution qui insulte les familles de victimes, qualifient de khmers verts ceux qui ont engagé des procédures judiciaires, qui clivent les populations les unes contre les autres, riverains contre professionnels, Conventionnels contre bio…

Cette institution qui laissera crever les petits propriétaires du bordelais qui viennent d’être gelés et qui ne pourront faire face au manque de trésorerie.

Prochainement rachetés par des grands investisseurs qui cherchent des capitaux supplémentaires et qui ne sauraient tailler un pied de vigne, ou encore moins plier une aste.

Cette viticulture moyenâgeuse qui laissera crever de faim toutes les familles d’ouvriers agricoles qui tentent d’en vivre dans des conditions de travail indécentes, qui subiront eux aussi bientôt les conséquences du gel.

Et pour soutenir les positions du CIVB, il y a les représentants de la chambre d’agriculture locale, qui  s’entête elle, dans des dispositifs d’état coûteux qui ne fonctionne pas et auxquels, elle-même ne croit plus.

Les pouvoirs publics obsessionnels de la crise médiatique qui produisent de nouveaux arrêtés avec rien de nouveau, pensant apaiser de leurs millefeuilles administratifs les tensions entre pros et riverains.

Il y a aussi la FDSEA, qui a marqué les esprits pour avoir lancé des rumeurs visant à trainer le bio dans la boue dans l’intoxication accidentelle des enfants de Villeneuve de Blaye en 2014.

Et Il y a aussi sud-ouest qui est en partie aux mains de grands propriétaires viticoles

Voilà la réalité de la viticulture bordelaise.

Bordeaux se rêve capitale d’un oeno tourisme luxueux, avec une image des équipements et des vitrines marketing tout aussi  luxueuses.

La réalité de la viticulture bordelaise c’est qu’au royaume de l’omerta, malgré la vitrine, il y a une odeur de cadavres.

L’odeur des cadavres que produit cette viticulture mortifère.

En cette journée symbolique, je pense à toutes les victimes des pesticides.

Mon père, le frère de ma camarade du Médoc Marie Lys bibeyran, le mari de caroline chenet, – quelqu’un m’a soufflé aux abeilles !- le fils de Jacky, Théo le Fils de Sabine Grataloup, le père de Sylvie, Marine, aux enfants d’argentine à tous ceux que j’ai rencontré et qui ont vécu ou vivent ces drames qui ont été engendré par les pesticides.

Aussi, une journée comme aujourd’hui doit s’accompagner d’autres actions.

Et à votre échelle, chacun d’entre vous a le pouvoir de participer au changement.

Réfléchissez à qui vous voulez donner votre argent.

Plus précisément, pour le vin, vous avez le pouvoir de soutenir la viticulture de votre choix :

Quand vous achèterez une bouteille de vin, réfléchissez bien à quoi vous voulez trinquer avec ceux avec lesquels vous la partagerez. Réfléchissez bien.

A la future chimio ou radiothérapie du vigneron qui l’a produite ?

Ou à sa santé et la vôtre ?

…. Et pour les 5 prochaines années…faudra être forts ! Fuerza !

Reportage photos Xavier Foreau : http://lepetitverdeau.myqnapcloud.com:8080/photo/gallery/#thumbnail/4a6VuN

https://reporterre.net/Marche-pour-l-agroecologie-et-contre-Monsanto-Co-a-Bordeaux-Gironde

https://www.pressenza.com/fr/2017/05/marche-lagro-ecologie-contre-bayer-monsanto/

 

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