Les « bonnes pratiques », la grande tartufferie du civb. Exemples concrets.

Après tout le remue ménage de l’an passé, la filière de interprofession viticole tente, à grand coups de com’ luxueuse de refermer le couvercle sur la marmite en ébullition de la société civile qui veut reprendre le contrôle sur sa santé et qui se mobilise. Les responsables de la situation actuelle uniquement soucieux de la crise médiatique,  voudraient nous faire croire qu ils ont la situation bien en main. Lire la suite

Tous les ans, ça recommence. C’est pas un poisson d’avril : c’est du poison dans l’air d’avril à septembre.

bonjour les enfants

Dessin @ChristopheRenaud

Avec l’arrivée du printemps, c’est aussi le ballet des pieuvres (les pulvérisateurs de pesticides) qui reprend.

Pour produire la majorité des vins dans la plus grande appellation de France, nous subissons chaque année d’avril à septembre des pulvérisations de pesticides de synthèse dangereux pour la santé. Ouvrier.e.s viticoles en première ligne, riverain.e.s de parcelles pulvérisées, populations citadines, dont les plus vulnérables, les enfants et les femmes enceintes, nous sommes tous exposé.e.s.

Les professionnel.le.s en premier et aussi ceux qui vivent, vont à l’école, travaillent, fréquentent les établissements publics (culturels, sportifs, médicosociaux) jouxtant les parcelles et ceux qui s’y trouvent de manière fortuite (joggeur.se.s, promeneur.ses.) ; nous sommes tous exposés aux substances actives utilisées en viticulture, la culture majoritaire du département.

Dans le bordelais, les habitations et les équipements sont souvent proches des vignes. Les parcelles sont souvent situées près des pas de porte, près du bord de route. Les écoles sont elles aussi, parfois très proches des vignes et donc des pulvérisations.

 

 

Regardez si l’école de vos enfants figure sur la carte  !

Établie par la Draaf Aquitaine ainsi que cette liste de communes, elles répertorient les 132 écoles de gironde enclavées dans les vignes.

 

 

 

 

Les analyses de l’air d’ATMO NA le montrent chaque année et les tendances de fond sont les mêmes :   Notamment dans les derniers résultats d’analyses de l’air de l’année 2020   qui indiquent que « Le nombre de composés retrouvés en zone urbaine, en zone périurbaine et en zone rurale est quasiment identique ». Autrement dit nous sommes exposé.e.s jusque dans le centre ville de Bordeaux à un cocktail de pesticides.

Toujours des CMR (cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques)  et des PE (perturbateurs endocriniens) dans l’air : ils dominent même largement dans le cocktail des molécules les plus quantifiées.

Toujours du Folpel (classé CMR) dans l’air de Bordeaux à 10 km des premières vignes.

Toujours des molécules interdites quantifiables, dont certaines ne sont pas forcément d’origine agricole comme le Lindane. Cela montre que la rémanence des produits est un réel problème insuffisamment pris en compte lors de leur homologation.

Toujours des molécules non recherchées comme le Glyphosate, ou le Mancozebe (présent dans l’intoxication des élèves de Villeneuve de Blaye) et le Captane en région viticole et arboricole. Difficile d’admettre que les difficultés analytiques sont  la seule explication.

Toujours des périodes de plusieurs mois (printemps, automne pour les grandes cultures et l’été pour la vigne) pendant lesquelles une part importante de la population reste exposée, même à distance des zones d’épandage, à des concentrations notables de pesticides dans l’air.

 

martine

Dessin @Visant

Alors…Des combinaisons pour tout le monde ?! C’est peut être ce qui sera préconisé après la publication des résultats de PestiRiv ?!

Une étude inédite sur l’exposition aux pesticides des personnes vivant en zone viticole réalisée par l’ANSES et Santé Publique France. La première en France qui déterminera le niveau de contamination des riverains des vignobles par les pesticides

Si toutefois, les vignerons du bordelais ne mettent pas en œuvre le boycott auquel les a incité leur président B. Farges, lire notre publication ici.                

Non aux EPI. Auparavant réservés aux seuls utilisateurs de pesticides et détenteurs du certiphyto (diplôme permettant l’achat et l’utilisation des produits), depuis 2017, le ministère de l’Agriculture  oblige les travailleurs agricoles à porter des équipements de protection individuels (EPI), combinaisons, gants, masques pour entrer dès 6h sur des parcelles qui ont été pulvérisées de pesticides.

Fabriqués pour beaucoup par les firmes de l’industrie chimique, ces EPI ne sont ni adaptés, ni efficaces et ne garantissent en aucun cas une exposition zéro. Leur préconisation par la législation participe à la supercherie de l’usage contrôlé et constitue par ailleurs un déplacement des responsabilités pénales des firmes de l’industrie chimique et des services de l’état sur les utilisateurs finaux. Ceci participe à la sous représentation des maladies professionnelles auprès de l’organisme concerné, la MSA : inadaptés, ils ne sont pas portés, les utilisateurs n’entament pas les démarches, car ils se sentent responsables de leur maladie. Pourtant, les travaux et la bibliographie sur la faiblesse de ces équipements est considérable. [1] et aucune leçon n’a été tirée du passée suite aux erreurs commises avec l’arsénite du sodium. [2]

AAT, CIMP, APHG, Vigilance OGM 33 ont d’ailleurs réalisé en décembre 2016, une action coup de poing dans le Médoc en soutien aux ouvrier.e.s viticoles, pour dénoncer cette législation injuste et inacceptable  :

Pour les riverains victimes de dérives de pesticides, il existe bien un dispositif permettant de signaler l’événement, Phytosignal. Un dispositif très compliqué à remplir et de fait sous utilisé. Les signalements comptabilisés. Une suite est donnée à une infime partie des signalements (7%), les victimes de dérives sont alors orientées vers des consultations spécifiques « pour mieux évaluer le risque sanitaires des personnes exposées ».  Les signalements ne sont suivis d’aucune mesure auprès des personnes qui réalisent les pulvérisations.
 

AAT a demandé à chaque occasion possible, et demande toujours l’arrêt des pesticides et le passage en bio près des écoles avec l’aide techniques et financière des organismes et de l’interprofession concernée. L’empoisonnement généralisé que nous subissons depuis plusieurs années est allé trop loin, pour l’enrayer une réponse radicale est indispensable.

 

Vous aimez le vin ?!

Si vous répondez oui à cette question, alors quand vous achèterez une bouteille, réfléchissez à quoi vous voulez trinquer quand vous la boirez…

A la possible chimio du paysan qui l’a produite ?

ou à sa santé et la votre ?

Consultez notre liste de vins en bio et biodynamie, ici. Des professionnelles qui travaillent sans aucun pesticides de synthèse, des pratiques respectueuses de la santé de l’homme du producteur au consommateur.

Valérie Murat

 

[1] Peut on se protéger des pesticides ? Alain Garrigou, ergonome.

Comment ignorer ce que l’on sait ? JN Jouzel et F. Dedieu.

Pesticides : la grande illusion des équipements de protection des agriculteurs, par Stéphane Horel

Face aux dangers des pesticides, des agriculteurs démunis dans ce podcast, Stéphane Horel, journaliste au « Monde », nous explique pourquoi la protection des agriculteurs face à ces produits est défaillante.

[2] le  décredetretrait2001 concernant l’arsénite du sodium indique : retirée du marché sans délais d’écoulement des stocks car reconnue cancérogène avérée en dépit des précautions d’usage et donc des EPIS, qui par contact avec la peau augmentaient les voies de contamination. Ceux qui les portaient étaient plus exposés que ceux qui ne les portaient pas.

Apports de l’ergotoxicologie à l’évaluation de l’efficacité réelle des EPI devant protéger du risque phytosanitaire : de l’analyse de la contamination au processus collectif d’alerte Alain Garrigou, Isabelle Baldi et Philippe Dubuc